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poésie 1

                    mémoires



Qu'est donc l'appris, le su, sur le front de l'oubli ?
Qu'est donc l'aperçu des âges de l'histoire ?
Les blanchis cheminant en ces ères vieillis
Se sont-ils affranchis de passer la mémoire ?

Les jeunes éperdus de perdre la liaison
Pleurent et rient, flétris de ne pouvoir savoir
Les lointains passages de ces fonds d'horizons
Que connaît cet âge ayant passé le soir.

Et ces vies anciennes, aux milles chants perdus,
Riches de tant de siens, tant d'expériences,
Ivres d'abandonner à de jeunes assidus
Tout ce temps façonné durant tant d'ans intenses :

« Ancien, racontes moi », demande ce gamin.
Et le verbe en émoi, l'ancien lui raconte,
« Voici, ce fut ma vie ! », et les photos en main
Il narre, à l'envie, cette saga, il conte... .

Ces mondes s'éprouvent, le jeune et le vieux,
Se parlent, se trouvent, découvrent, hors du temps
Cet instant complice du récit merveilleux,
Boivent le calice de ce moment pressant.

Puis fusent, abondant, en gerbes incessantes,
D'un verbe déroulant un trop plein d'émotion,
Les questions du cadet, de ces questions ferventes
Auxquelles l’aïeux répond en faim de confession.

Dès lors, de ce  passé passé en un présent présent
Offert en donation et reçu en offrande
Est cet ultime don du récit apaisant
Du doux héritage que le futur mande.

THEURIC

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