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vendredi, 28 décembre 2012

Réflexion sur une déception: le blog de monsieur Jacques Attali

 

Je viens de rendre visite au site de monsieur Attali pour y laisser quelques considérations de mon cru, or, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'il n'y est plus possible d'y laisser quelque commentaire que ce soit.

J'imagine qu'il soit à craindre que cela ne soit dû qu'aux réactions violentes qui, en remarques cinglantes, peut-être parfois injurieuses, se distillent continuellement sur son blog.

Mais ce n'est pas par la censure qu'il pourra connaître les effets que peuvent produire sa glose, sa pensée, sa croyance.

En fait et en cela ce bon monsieur me déçoit!

Je l'aime bien monsieur Attali, même si je ne suis pas d'accord avec ses présupposés, il est d'une autre trempe que bien des sermonneurs médiatiques rabâchant leurs sempiternels théologies néolibéralisantes de leurs verbes ennuyeux et pompeux, si sûr de leur doctrine qu'ils en ânonnent les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes textes d'un même élan christique.

Du-moins lui fait-il preuve d'inventivité, de créativité, de réflexion et aborde ce crédo par des biais inédits, des approches novatrices, de l'intelligence.

 

Mais bon, cette déception ne fait en rien une réflexion constructive.

En fait mon désaccord avec lui ne se pose que sur une conception mais elle est de taille: l’asservissement inévitable de la politique par l’économie.

Cette conception se montre, au fil du temps et avec raison, de plus en plus rejetée et haït par une population dont l’exaspération peut se percevoir par la nécessité qu'a monsieur Attali d'empêcher quiconque de laisser un commentaire sur son blog.

La semaine dernière, encore, je pouvais y laisser de ma prose et naguère, en Novembre, il était encore possible de lui répondre, cela n'est plus possible, c'est dommage mais logique : le principe de réalité le rattrape et n'est plus que cette fermeture censurielle pour qu'il ne puisse pas voir, en un déni formel, combien il fut et reste dans cette erreur là.

Mais il est à noter que son point de vu, sa vision est tout de même, ô combien, plus sérieuse et vigoureuse que la vulgate de bien des farfelus battant campagnes médiatiques ou électorales.

Lors, il conserve, en lacune, cette faiblesse indépassable de ne pouvoir observer notre réalité du temps sous d’autres angles que celui du néo-libéralisme.

C’est donc, comme je l’ai déjà exposé, la politique qui se doit d’avoir la suprématie sur l’économie et non pas l'inverse ce que notre frère Jacques ne peut concevoir, dès lors notre problème est d’essayer de définir ce que peut être la politique, à quelles notions cela renvoie.

La première difficulté réside dans la profusion, la surabondance de ses champs d’actions et domaines de compétences.

Ainsi est-elle au centre de tout ce qui peut être considéré comme relatif aux jeux de pouvoir collectifs et interindividuels, donc, en cela, essentiellement lié à différentes dimensions de notre psychés conscientes et inconscientes dont le complexe d'infériorité, l’analyse transactionnelle ou le complexe d’Œdipe... ont, chacun dans leur domaine, détaillé certaines dynamiques.

La politique est aussi organisation, gestion de crise, décisions à destinations futures, … , quand elle est, mais pas seulement, le fait de l’état.

Elle est également représentation du monde, représentation et action de soi dans le monde quand elle est engagement, action et souscription adhérente (bien que ne pas choisir, en politique, soit, en lui-même, déjà faire un choix).

Elle est aussi, en liste non exhaustive, ce qui délimite par la loi les règles de vie, les interdits..., délimite aussi le territoire et la porosité frontalière, elle est également lieu d’affrontement pacifié ou armé des dogmes, principes, crédos…, visions du passé, présent comme de l’avenir dans le court, moyen et long terme et de toutes les décisions ad oc, … .

La politique est, en tout cela, une grande part de notre vie sociale d’êtres grégaire et, de ce fait, elle est de cette toute puissance qu’il nous faut à tous prix circonscrire et modérer, d’où la démocratie nécessaire.

 

Ce qui me navre le plus dans sa surdité et son aveuglement, parce que de la part d'une personne d'une telle intelligence il ne peut s'agir que de surdité et d'aveuglement, c'est que cela réduit nécessairement la vision qu'il peut avoir de la nature de notre présent, de la profonde métamorphose de la société humaine.

Ainsi sommes-nous donc à un tournant, non pas tant de la seule France ni même de la seule Europe, mais de notre espèce, Homo Sapiens Sapiens, du genre humain dans son entier, nous vivons donc un bouleversement à nul autre pareil.

Lors, deux choix s’offrent à nous, soit nous le vivons en nous laissant conduire par les flots tempétueux des terribles soubresauts que de tels ébranlements ne peuvent pas ne pas entrainer, soit, en amont, nous pensons les divers et complexes scenarii auxquels nous nous devrons de nous confronter afin d’en pouvoir en accompagner et amoindrir les effets délétères.

L’une des grandes difficultés psychologiques devant lesquelles nous buttons tous, nous autres êtres humains, c’est la peine que nous avons de considérer l’évolution des situations comme allant naturellement de soit, ce conservatisme donnant l’impression de se nicher au plus profond de notre structure psychique, voire neuronale, et plus nous avançons dans l'âge, plus cette barrière conservatrice se fait puissante.

C’est cela qui, je vous l’avoue, m’inspire le plus de crainte pour notre futur immédiat: le vieillissement de la population européenne, il est vrai réduit en France.

De plus notre pays sera contraint de jouer, qu’il le veuille ou non, sur la scène européenne et, au-delà, à l’échelle du monde, un rôle central et, ce, dès que l’effondrement des U.S.A. sera de l’ordre, pour tous, de l’évidence, soit, à mon sens, dans moins de deux ans maximum.

Cela sera en raison de l'image collective de notre pays, inconsciente pour une large part, et qui fait de celui-ci, à tord ou à raison, le chantre d'un au-delà de la modernité, d'un au-delà d'une aspiration à la modernité, l'aspiration, l'appétit, la soif d'un avenir d'autant craint qu'il est intensément désiré, d'autant plus craint et désiré que personne ne peut dire vraiment à quoi il ressemblera, en quoi il sera fait, ce sera pour cette raison là que s'abattra sur nos épaules, sous peu, une responsabilité que personne, au grand jamais, n'a recherchée et ne veut.

Mais avant que notre pays soit ainsi au centre d'un tel intérêt nous accompagnons encore l'Amérique dans son inéluctable ruine et ce sont, en plus d'un chômage prodigieux et croissant, les fondations premières d'une économie prospères, la production de matières premières ou secondaires comme l'acier ou le plastique, qui se feront le plus cruellement sentir par leur manque.

Lors, paradoxalement, bien que la conjoncture, au moment de cet effondrement, aura changée du tout au tout, les retards que nous aurons pris pour reconstruire une infrastructure efficiente, dans la métallurgie, notamment, pourrait bien se faire à une vitesse qui nous laisserait tous pantois.

La réindustrialisation de la zone européenne pourrait se faire avec une rapidité jamais atteinte auparavant.

La cause n’en viendrait pas de quelque déterminant génial de l’européen mais parce que ce proche chambardement, cette proche catastrophe, la disparition momentanée ou définitive des États-unis-d'Amérique génèrera des effets rapides et brutaux :

Parce que l’ouest de l’Eurasie est isolée et donc relativement protégé, devant la monté rapide d’une violence croissante, sociale et/ou politico-guerrière surtout en Amérique et en Asie, l’intelligentsia internationale trouvera ici un havre de paix.

Monsieur Attali peut-il saisir que nous aurons dans peu de temps, en Europe et à contrario en France, le bénéfice d'une diaspora faite d'intellectuels de haut niveau qui fuirons les méandres mortifères de soubresauts et calamités dû à l'effondrement de l'économie mondiale, qu'universitaires, scientifique, artistes fuiront sans demander leurs restes comme, il y a soixante-dix ans, les intellectuelles européens fuyaient les délirants et barbares nazis.

Il nous faudra, à ce moment là, les accueillir avec tous les honneurs qui leurs sont dû.

 

Il est une autre dimension, primordiale, que notre modernité exige de comprendre et que monsieur Attali est bien en peine de se représenter : nous nous devons de faire émerger une nouvelle renaissance !

Une nouvelle renaissance c’est tout..., mais c’est beaucoup.

Mais qu’est-elle?

Le questionnement des anciens au travers de notre modernité!

Cela nous obligerait à deux choses: revenir aux textes de base, les critiquer, surtout ceux oubliés et ouvrir de nouvelles orientations encore jamais imaginées.

Pourquoi?

Pour réinvestir dans l’inventivité, l’esprit et le goût du savoir et de la découverte et, avant tout, d'être excentrique, c’est à dire se placer hors du centre, sortir des lieux communs pour que les pensées originales puissent émerger!

D'être d'un réel esprit humaniste, en quelque sorte!

Parce que l’évidence n’est, souvent, que l’apparence de la réalité, qu'elle est le masque que nous faisons prendre à la réalité quand nous nous égarons dans des vérités séduisantes et absurdes toujours dangereuses, le néolibéralisme étant de celles-là, nous nous devons d'aller au-delà de ce que cette évidence peut nous donner paraître, ceci afin de pouvoir rompre avec les sempiternelles illusions.

Dans ce cas, une seule question ne peut que rester d’actualité: ce que je pense est-il juste en terme de justesse?

Le reste n’apparaissant plus, alors, que comme de l’habillage, certes d’un costume trois pièce mais usé et rapiécé.

De plus, l’inventivité la plus absolue est toujours le fait de solitaire, en effet il n’est pas aisé de tenir un discourt différent de son entourage:

Amorcer, être initiateur d'une nouvelle renaissance est donc autant une question de courage que de discernement, il est vrai que la valeur de la création est de tout temps reconnue, or cela se fait, parfois, post-mortem, je comprends ainsi pourquoi il soit si difficile de tenir un discourt dissemblable, voire opposé de celui proposé par la collectivité à laquelle nous appartenons: nous risquons d'être rejetés.

Cependant les recettes du passé ne peuvent plus, en rien, répondre aux difficultés qui sont devant nous, nous nous devons donc d’en inventer de nouvelles.

Encore faut-il, pour cela, que le plus grand nombre soit accoutumé à se confronter à l’imagination débridée et aux concepts novateurs.

Cela n'a rien d'évident, il faut du temps et de l'énergie pour que nous, êtres ô combien humains, acceptions l'émergence de concepts fondamentaux inédits, il en faut des batailles homériques contre les conservatismes ambiants, les intérêts mesquins, la crasse bêtise, la vaniteuse ignorance, la sotte jalousie, notre simple condition d'Homo Sapiens Sapiens pour que soit acceptées des conceptions originales et nouvelles de notre univers.

En revanche, la qualité génère la qualité, la médiocrité génère la médiocrité et penser juste demande un substrat: de la culture et de l’enseignement!

C'est, me semble-t-il, l'une des grandes faiblesses de notre époque, il est toutefois à noter que paraît s'amorcer le goût du beau et du bon ainsi que du savoir.

Partant de cette observation je suis pour le moins optimiste.

Je me sais être parmi les pionniers prônant l'apparition d'une renaissance contemporaine, de plus ma position sociale n'entraine pas forcément l'écoute de ce que je peux conter, par contre je perçois combien nous buttons contre un mur de conformisme qui nous interdirait bien tout esprit décalé, certes pas de façon violente ni coercitive mais par une réprobation silencieuse ou sentencieuse.

Ce sont les jeunes, néanmoins, pour qui la crainte dans l'originalité d'une pensée est la moins pesante, parfois inexistante, d'où cet optimisme.


THEURIC

02:53 Écrit par theuric | Lien permanent | Commentaires (0)

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