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Réflexion sur le dogme et le néolibéralisme.

 

    La question que pose une idéologie qui progressivement est devenue un dogme indépassable se trouve être aujourd'hui d'une grande importance pour comprendre l'infinité d'aveuglements de nos gouvernants, politiques, économiques et médiatiques.

Parce que, à bien y regarder, les détestables décisions et actions que prennent nos dirigeants nous sont certes nuisibles et maléfiques mais, et c'est là que cette réflexion est d'importance de par son paradoxe, elles pénalisent, à terme, encore plus les grands argentiers, banquiers et autres (dés)investisseurs, bientôt irrémédiablement ruinés de leurs imbécillités, ainsi que de leurs nombreux sbires, élus ou non, médiatiques ou non, et pour une majorité d'entre-eux, travaillant simplement en tant que publicitaires, commerciaux et de tous ces métiers qui ne sont portés que par la vente ou le contrôle du salariat, comme il peut en être des R.R.H., qui perdront tous leurs avantages si chèrement acquis, ne serait-ce qu'un rang hiérarchique souhaité.

En vrai, à un moment ou à un autre, nous fûmes quasiment tous endoctriné par cette vulgate néolibérale et monétariste, mais autant certains d'entre-nous surent en sortir puis aborder les questions politique, économiques et sociologique hors de ce champs idéologique asservissant, autant une grande majorité de nos concitoyens y restent enferrés, et plus encore nos gouvernants.

 

C'est pourquoi une réflexion de ce que peut être un tel blocage mental qu'est un dogme me semble d'une importance capitale quand aujourd'hui nous pouvons contempler les errements autodestructeur de tous les acteurs de ce qui pourrait n'être qu'une ridicule pantomime mais qui se révèle dès maintenant de ces terribles tragédies dont les grecques anciens étaient si tant et tellement friands.

De fait, un dogme de cette puissance n’a pas besoin, pour celui qui l’adopte, qu'il le vérifie par l’observation, fut-elle scientifique ou empirique, ce qui lui permettrait de percevoir et savoir si ses décisions sont au mieux ajustées à la situation du moment, non, cette doxa a juste besoin d’être défendue par ses adeptes et sectateurs, ayant en effet acquise son existence propre.

D'où ce terme de champ idéologique, mais ses mécanismes ne sont en rien magiques et sont, tout au contraire, tout à fait visibles et lisibles.

En voici la trame:

Progressivement coupé de toute réalité en raison de leurs actions délirantes passées qu'avaient déjà provoqué leur attachement maladif et excessif à leur doxa, les tenants de ce dogme, en reconduisant continuellement le même type d'actions que celles ultérieures, dans le but de résoudre les problèmes qu'avaient déjà posé ces actions passées inspirées par ce même dogme, génèrent une déstabilisation croissante de l'ensemble de la société, eux qui se devraient d'avoir en charge la meilleurs gouvernance possible de la société, ainsi, la trahit.

Mais le pire est que cela les mène à un cercle vicieux qui, progressivement, va accentuer les multiples déséquilibres dus à leurs propres manquements : en perpétuant les mêmes démarches qui, auparavant, avaient créé ces perturbations, ils ne font que détruire ce que leur dogme commandait, donc ce dogme, et qui est à la base de leur croyance.      

Donc, un tel dogme, s'émancipant graduellement de ses acteurs, demande qu’un certain nombre d’actions types soient entreprises, au bout d’un moment, ces actions, totalement déconnectées de la réalité sociale génèrent des effets pervers, c’est, par exemple, la crise de 2008, ce qui va amplifier encore plus le même type d'actions, créant et amplifiant ces perturbations, ainsi de suite, jusqu'à ce que l'ensemble ne s'effondre.

Comme il n’est pas possible, pour les servants de ce dogme, de le remettre en question, les seules solutions qu’il leur soit possible d’adopter pour essayer de sortir de la crise qu'ils ont eux-même créé, consiste, pour eux, à accroître de plus belles les mêmes actions que précédemment, ce qui, nécessairement, accentue cette crise, ce qui les entraîne à surenchérir dans toujours les mêmes actions, ce qui augmente encore le détraquement, ce qui les incite à la surenchère… etc…, etc…, etc…, jusqu’au moment où le niveau de déséquilibre est tel que vient l’inéluctable effondrement.

Tout au long de l’histoire, les exemples en sont nombreux.    

Il y a donc une sorte d’aveuglement dû essentiellement à la croyance au dogme de l’époque, qui empêche les personnes qui en sont atteintes de comprendre que leur décisions sont contraire aux intérêts de tous, même aux leurs propres, là se situe la folie de tels mécanismes mentaux en un des processus de ces biais cognitifs qui, depuis quelque temps déjà, est l'un des thèmes de recherche en science humaine.

Ainsi, quelqu’un comme Monsieur Valls peut être un homme aussi sincère qu'intelligent (sauf si c’est un profiteur, mais je n’y crois guère), mais si vous essayez de lui expliquer à quel point ses décisions sont déraisonnables et, ce, avec toutes les preuves à l’appui, il vous rira au nez, cela parce qu’il ne pourra pas vous comprendre, il lui sera totalement impossible de remettre en question, même légèrement, cette doxa.        

En fait, il s’agit là, pour lui et pour tous ceux ayant les mêmes dispositions d'esprit, de survie mentale et sociale, c’est pourquoi il leur est impossible d’agir et de penser différemment:

-survie mentale: ce dogme est tellement centrale pour leur compréhension du monde qu’il leur est impossible de même supposer qu’ils puissent être dans l’erreur.

Toute leur structure mentale est bâtie sur et par lui, et toute approche d’une remise en question, même légère, de ce dogme va générer une telle douleur psychique, et sa disparition une telle angoisse existentielle que cela peut amener à des actes de violence, voire mener à un stress post traumatique jusqu'à des troubles psychologiques sévères, dépression, moment de stupeur, crise d'hystérie;   

-Survie sociale: ceci est doublée d’une pression collective provenant du groupe ayant ce même endoctrinement, générant son renforcement par synergie, plaçant le sujet dans l’impossibilité d’envisager une autre approche idéologique, cela renforçant, bien entendu, la vision du monde unilatérale de ce sujet et, par là même de chaque sujet de ce groupe.    

Quand à l'idée de le quitter, ce serait pour lui se retrouver dans la plus totale des solitudes, puisqu’il ne se sentirait plus reconnu comme faisant parti de cette société dans laquelle il se reconnaît en tant que représentant de l'humanité.

De plus, il en serait de même, voire serait pire si il remettait en question ce dogme tout en restant dans ce milieu puisqu’il se retrouverait en solitude au sein de ce même groupe.     

Tous fonctionnant, ainsi, à l'intérieur d'une boucle de rétroaction mentale/sociale renforçant continuellement en eux leur dogmatisme, chacun rassurant l'autre de la véracité de sa croyance et intensifiant, par ses propres discours, décisions et actions, les discours, décisions et actions de ses semblables.

De plus, toute action contraire à l’éthique du sujet mais restant dans la logique de ce dogme générera une forme ou une autre de déni, de la dénégation de faits avérés jusqu’à la justification plus ou moins oiseuse de leurs actes, cela pouvant même les conduire à des actions dépassant leur humanité en raison même de la culpabilité que cela génère en eux.   

C’est pourquoi nous pouvons observer tous ces journalistes dire les pires des insanités sans ciller le moins du monde, des banquiers agir de telle façon que cela ruine leur entreprise ou des hommes politique prendre des décisions néfastes pour leur population, ils le font pour défendre, en plus de leur dogme, la structure de leur psyché.     

Ceux qui, sincèrement, en une semblance de paradoxe, adopterait le contraire de ce dogme en expliquant qu’ils luttent contre parce qu’ils en comprendraient ses effets pervers, continueraient, en réalité, de rester activement en son sein en ne faisant qu’inverser son aspect positif en un aspect négatif, mais psychologiquement, voire socialement, le processus mental de ce dogmatisme reste le même et lutter contre son ancien groupe c’est toujours, d’une certaine façon, une manière de rester dans ce groupe et de conserver, en son esprit, l'ensemble de ce dogmatisme qui, quoi qu'il en soit, le structure.    

C’est pourquoi j'ai pu dire que les pays composant l’Union-Européenne sont tout autant bloqués institutionnellement qu’idéologiquement.

En plus d'avoir posé des institutions étant absolument irréformable, l'ensemble de ses dirigeants ainsi qu'une large part de la population européenne sont étreint de ce formel dogmatisme.      

Le cas de l’Allemagne est intéressant puisque ce pays, son gouvernement, son état, est tout autant contraint par ce dogme que nous pouvons l’être nous-même, mais, également, sait tirer le meilleurs de la situation pour son propre avantage.      

Alors, comment nous sortir de ce piège doctrinaire?

Nous ne pouvons qu’attendre que le système s’effondre par lui-même, ce qu’il fera, plutôt tôt que tard, mais nous pouvons aussi nous y préparer par avance par un travail théorique.     

Mais, comme je l'ai écrit plus haut, en raison même de l’existence de ce dogmatisme puissant ayant entièrement structuré le mental de l’ensemble des élites européennes et d'une portion de la population, je crains que lorsque cet effondrement deviendra effectif, un état de stupeur et d’hystérie les rendent, pour de très nombreux d’entre eux, dans l’impossibilité d’agir avec intelligence, si ils agissent.      

Il pourrait même survenir chez certains quelque chose de très proche d’un stress post-traumatique, pouvant mener à des états hallucinatoire ou pire.

 

 

THEURIC

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