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  • Du réensauvagement de l'ouest eurasiatique.

    Avant de ne commencer à aborder le thème de ce billet, je ne peux qu'exprimer mon admiration envers Tatiana Ventôse pour les quatre vidéos qu'elle fit au sujet de l'Islam sunnite salafiste, ceci autant pour la clarté de ses explications que pour son courage intellectuel.

    En cela, je l'ai déjà dit, elle n'est pas la seule.

    Dans ses films (je vous laisse vous en instruire, ils sont infiniment plus explicatifs que ce que je ne pourrais jamais faire) elle nous montre le double paradoxe devant lequel se retrouve autant le sunnisme traditionnel que le salafisme qui, à y regarder de près, est à l'égal de ce que fut le protestantisme face au catholicisme du XVI° siècle.

    La confrontation entre une église catholique faisant difficilement face à la modernité de l'époque, ici au-devant de l'invention de l'imprimerie et à l'égarement de l'église la menant à des paradoxes, et sa remise en cause protestante par une lecture littérale du livre saint, soit la Bible, ce qui mène de nouveau à des paradoxes insurmontables et irréductibles en raison de toutes les interprétations bibliques possible, d'où P1010789.JPGl'émergence d'une multitude d’obédiences protestantes au fil du temps.

    Mais ce salafisme, paru pour lutter dès le début contre la toute puissance européenne, fait, de plus, courir un risque supplémentaire au sunnisme puisque l'origine du premier provient d'un pays, l'Arabie-Séoudite, qui est, en cela, le plus rigoriste de tous, allié, depuis le début de sa création, d'abord quelques décennies à la Grande-Bretagne, puis, dès la sortie de la seconde guerre mondiale, à l'empire ultime que devint progressivement les États-Unis-d'Amérique.

    Or, plus encore que la perception des paradoxes catholiques générèrent le protestantisme puis que ceux de ces deux versions du christianisme menèrent à la sécularisation de l'Europe, les formes diverses de salafisme, leurs violences surtout tournées à l'endroit des musulmans, ceci doublé de cette alliance entre les U.S.A. et l'A.S., peuvent détruire de l'intérieur l'Islam Sunnite.

    Ce qui, singulièrement, pourrait très bien se produire au moment même où les sociétés européennes, en manque cruel de détermination, dans le sens que j'ai pu aborder auparavant, et d'identité, redécouvre leurs religions traditionnelles et leur patriotisme.

    Aidé en cela par un empire U.S. et un Royaume-Uni qui, tous deux, pour différentes raisons, veulent déliter une Union-européenne leur devenant désormais détestable.

    Quand à la Russie, elle se retrouve en ce moment au-devant de profondes indécisions géopolitiques sur beaucoup de sujets, dues à ce qu'elle se confronte entre des choix multiples.P1010799.JPG

    Ainsi, doit-elle ou non prendre l'U.E.€., si fragile et au bord de l'explosion, à son compte et, au-delà, risquer de détruire une Allemagne qui lui est utile, cette dernière ne pouvant plus exister sans l'union mais voulant sortir d'un euro qui la ruine.

    En fait, la Germanie se trouve au-devant de quatre options impossibles:

    -soit rester dans l'union et risquer de faire faillite à cause de l'euro et du target 2, ce qui risquerait de la scinder, puisque dans ce cas une partie au moins des länder prendraient leur indépendance du pouvoir central en un vieux réflexe historique;

    -soit sortir de l'euro, ce qui ne pourrait que mener à la destruction de l'Union-Européenne en raison de ses blocages institutionnels;

    -soit carrément faire sécession d'avec l'U.E., ce qui lui est idéologiquement, et même politiquement inacceptable;

    -soit encore de se débarrasser de l'Europe-du-Sud en conservant ce qui constituait, jusqu'en 1918, l'empire allemand.

    Cette quadruple impossibilité germanique place, de fait, la-dite Russie dans une profonde incertitude (elle n'est pas la seule, je suppute qu'il en est de même au sujet de la Chine), ce qui ne peut que vouloir dire que les russes se demandent s'ils doivent s'allier à cette dernière où, plutôt, patienter pour se tourner, dans le futur, résolument vers les pays d'une Europe-du-Sud il est vrai ruinée, mais débarrassée d'une union mortifère aujourd'hui déjà en grandes difficultés, et d'une Angleterre, largement fragilisée, toujours liée à son grand partenaire outre-Atlantique en totale déliquescence, mais entre lesquels surgissent des désaccords multiples?

    Ensemble représentant un intérêt géostratégique majeur.

    La raison de ce flou décisionnel de l'équipe poutinienne provient de ce que s'est ouvert, depuis peu, un immense champ de possibilités multiples, économiques, géopolitiques et géostratégiques, dont les contours sont pour l'instant difficilement discernables.

    Cela provenant de ce que l'empire U.S., ne pouvant plus assoir son hégémonie mondiale, en proie à d'immenses tensions politiques internes, au-dedans d'une situation économique épouvantable et dont le dollar perd progressivement tout intérêt en tant que monnaie de réserve internationale, n'a plus d'autre solution que de se retirer de ses interventions extérieures de toutes natures en en subissant le moins de dégâts possible.

    Ceci dit, le billet qui suit vient en réponse de celui, traduit en Français, que Dmitri Orlov a émis dernièrement et rendant compte d'une réalité européenne pour moi finissante, celle de la perte de courage et de volonté de la population ouest-européenne en raison de sa recherche de confort, ce qu'il appelle le cimetière européen.

    Europe, il est vrai, devenu un asile pour vieillard, ce qui ne génère pas, chez elle, du dynamisme et de la réactivité.

    Dmitri Orlov qui, quoi qu'il en soit, a, sur la grande majorité des sujets qu'il aborde, des positions à la fois sensées et pertinentes, celui-ci me semblant des plus remarquables.

    Or, ce que je vais tenter de montrer ici c'est que ce qu'il décrit, soit la situation des sociétés de l'U.E. d'avant que la décadence terminale de l'empire E.U.A. ne devienne évidence, phénomène advenue dès l'élection de Donald Trump à la magistrature suprême U.S., et que cette vision P1010709.JPGancienne est sur la voie d'être dépassée, du-moins en France.

    Mais que, surtout, ce phénomène conduit autant à la réémergence d'une activité intellectuelle européenne puissante (française, déjà, de ce que j'en sais), visible sur le W.E.B., mais aussi à la résurgence encore potentielle d'une brutalité sociétale et populaire, liée il est vrai également au retour à l'esprit de responsabilité,  au désir de prise de risque et, aussi, comme dit plus haut, au retour au patriotisme et à la religion traditionnelle.

    Cette résurgence de la brutalité d'une portion de la population n'est, pour l'instant, que peu visible, hormis lorsque les banlieues s'enflamment, ne pourra qu'être, bien plus tard, accompagnée de l'ancienne furia francese qui firent les délices des chroniqueurs d'antan.

    C'est à Monsieur Orlov que j'adresserai mes désaccords, ce qui sera amusant, d'autant plus que je ne pense pas que je serai lu par lui et encore moins que je lirai un commentaire écrit de sa main, ou du-moins une traduction d'icelle, moi qui ne connais de la langue anglaise que bulldozer, water-closet et bifteck pomme-frite.P1010829.JPG

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  • De la logique intérieur.

    Comprendre un système c'est en saisir la logique intérieur.

    C'est ce que je m'essaie de faire ici.

    Vu que ce site est surtout dédié à la politique, créé à l'époque où, justement, cette pensée se retrouvait grandement récriée, c'est dès lors à deux niveaux que je tente de démêler les complexes écheveaux des-dits systèmes: ceux de la psychologie et de l'organisation, là ne me penchant que sur le premier.

    Bien qu'il soit impossible, en effet, d'analyser l'un sans questionner l'autre, ce que je ne cesse de faire dans ce blog, au risque, sinon, de rendre cette réflexion imprécise, voire caduque.

    Quand bien même mes réflexions tendent à être parcellaire, peut-être à l'image d'un puzzle, vu que je note mes idées au fur et à mesure que celles-ci arrivent à mon esprit, sans en faire un tout cohérent, ce dont je doute de pouvoir faire.

    Dans ce court billet, je vais donc vous en donner deux exemples basés sur mes propres bourdes.

    Ainsi, d'oublier, comme je l'avais fait dans mes deux derniers billets, que notre oligarchie nationale eurolâtre souffre d'une avarice maladive due à leur délire de vouloir à toute fin de dépasser, en tant que richissime, l'oligarchie étasunienne, fut une erreur.

    P1020055.JPGCeci parce que cela réduit ma perception de la dynamique interne prévalant au sein de toute cette mouvance néolibérale du pays et, au-delà, dans l'Union-Européenne.

    Ainsi s'explique les décisions de la magistrature macronnienne, en tant qu'employés de nos oligarques et des G.O.P.E. de l'union, mais aussi les justifications qu'il en a été porté, soit d'expliquer qu'ainsi ce seront les détenteurs de fortunes qui pourront bien mieux investir dans le pays, puisqu'une manne d'argent leur est offert.

    Mais aussi que la mise en concurrence des services publics ne pourra que les améliorer en en faisant baisser les prix.

    Du fait que les modèles britanniques et américains passés et présents nous montrent et démontrent l'inefficacité pleine et entière d'une telle approche, essentiellement contraire à ce qu'il en est et en sera, pour nous, en France, nous pouvons dès ce moment saisir en plein les très grandes faiblesses intellectuelles de cette ploutocratie, de l'administration de l'U.E. et de leurs commis.

    Ce qui, donc, nous démontre d'autant plus leur fuite-en-avant mortifère, en raison de l'accélération foudroyante de ces décisions, toutes provenant naturellement de l'Union-Européenne via ces fameux G.O.P.E., mais aussi de l'approbation discrète d'une oligarchie qui, peut-être, craint que, tout de même, cela ne soit, justement, trop rapide et trop voyant.

    Ils rentreront un tas d'argent, c'est vrai, mais en se conduisant ainsi, à terme, il ne pourront qu'entièrement le perdre, inéluctablement, s'ils ne se retrouvent pas, pour certains, en prison.

    Tout comme l'appauvrissement rapide de la Grèce entama une désindustrialisation mondiale qui, il est vrai, était déjà présente mais plutôt lente, celui actuel de la France, deuxième économie de l'U.E., ne peut qu'en accroitre la vigueur d'une manière considérable.

    Vous remarquerez, dans cette longue vidéo, la sincérité du conseillé du président de la République, intervenant dans la seconde partie au-delà des 38 mn 30 s.

    Ce qu'il dit est absurde et de la plus parfaite langue de bois, certes, mais en cela il est sincère, et comme j'ai pu déjà l'écrire, le pire se trouve là: la plus pure des âneries faite d'un galimatias de la plus pure sincérité.

     

    Ici vous pouvez observer l'authenticité plutôt sotte d'un personnage, Monsieur Carlier, qui, paraît-il, serait humoriste (lui qui ne m'a jamais, au grand jamais fait rire), et qui fut depuis des décennies l'un des multiples adhérents télévisuels de cette mouvance synarchique, montrant une position ambiguë face aux grévistes d'un magasin proche, si j'ai bien compris, de chez lui.P1020041.JPG

    Plutôt que de faire rire les rieurs, soient ceux qui, comme lui, ont, pour la majorité de leurs concitoyens, de cette fausse commisération bienpensante qu'ont ceux qui, bien qu'ils en pensent et en vivent l'inverse, se voudraient d'une gauche sociale;

    Ne vaudrait-il pas mieux que ce sieur aille à la rencontre de ceux-là qu'il ironise pour, ensuite, rendre compte à ses paires de la situation précaire dans laquelle vit une majorité des français, voire tout simplement les instruire de la meilleurs manière d'écrire et de parler, plutôt que de se moquer comme cela éhontément de quelqu'un qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et, si j'ai bien compris, le fait bien.

    Si tant est qu'il en soit lui même capable, ce dont je doute fort: critiquer est aisé quand on prend le gueux de haut.

    Va-t-il déplorer la baisse de niveau d'instruction de nos contemporains?

    Bien sûr que non, et ce d'autant plus qu'elle se retrouve au plus haut de l'état ( moi-même ne cessant de me corriger ).

    Va-t-il critiquer la réalité de l'Union-Européenne et de l'oligarchie, sources premières de nos difficultés?

    Évidemment que non, déjà parce que cela ne ferait pas rire son publique, ses P1020059.JPGsemblables, mais aussi et surtout parce qu'il se retrouverait au chômage, et puis il l'aime tellement son union préférée.

    Comme nous le montre son cher et génial président, Mr. Macron, il lui faut être fort avec les faibles et faible avec les puissants.

    Là encore je n'avais pas pris suffisamment en compte ce fait capital: Guy Carlier et ceux qui l'entourent nous montre là, lors de son intervention dans cette radio, la violente dissonance cognitive qui agite une partie des classes-moyennes intermédiaires à hautes, ce qui est audible en ce qu'il se sent obligé d'adoucir, en fin de texte, un discourt pour le moins violent qu'il tient à l'endroit du meneur de cette grève.

    Cette dissonance cognitive provenant de ce que les-dites classes-moyennes sont pris entre deux forces opposées tenant à leur idéologie complexe et contradictoire:

    -européiste et néolibérale d'un coté, avec tout ce que cela sous-entend;

    -de l'autre un humanisme mal structuré, réducteur, racialiste (il ne peut y avoir de français pauvres, surtout s'ils sont blancs), méprisant, condescendant, parce que essentiellement émotionnel.

    C'est cette impossibilité structurelle, tenant plus à la résultante d'une propagande impériale (U.S.) s'étendant sur trois à quatre décennies, dont le but était de détruire, chez les européens et, donc, les français, les notions de nation et de patrie, qui conduit à tous ces égarements et à une perte structurelle d'identité.

    Ce qui a généré une déstabilisation culturelle et sociale de ces deux classes sociales, étendue à l'ensemble de la population, ainsi qu'une position sociologique paradoxale, qui mène à cette indétermination psychologique que j'avais exploré par trois fois, , ici et , raison pour laquelle le public de Mr. Carlier a ainsi pu rire de si bon cœur, mais, ce, avec uneP1020054.JPG culpabilité discrète et sûrement inconsciente.

    Perte d'identité de plus compensée par le rejet culpabilisant des classes considérée comme inférieures, rejet lui aussi compensée par cet humanisme réducteur tourné, pour l'essentiel, envers les immigrés, tout en oubliant, par aveuglement, la part de la population la plus pauvre qui, pour certaine d'entre elle, souffre aussi grandement de manques, voire de disette.

    C'est pourquoi le silence qui entoura la toute fin de cette bêtise, où le chroniqueur avait, maladroitement, plaidé en faveur de cette grève, ne peut que nous indiquer que cela avait naturellement rassurés les autres intervenant en les déculpabilisant de leur amusement, amusement lui-même provenant de cette même culpabilisation (c'est fou ce que l'esprit humain est complexe).

    Étant entendu qu'une part de mes lecteurs sont eux-mêmes de cette classe-moyenne intermédiaire ou haute, économique et/ou intellectuelle, cela va de soi, ce qui ne peut qu'être rassurant pour l'avenir, moi-même m'étant laissé prendre par cette propagande, et il me fallut bon temps pour m'en défaire.  )

    Cette dissonance cognitive, telle que je vous l'ai décrite, ne pouvant s'achever collectivement que quand ceux pris dans ses rets se retrouveront déclassés et/ou ruiné, ou angoissés dans leur crainte de l'être, par les exigences d'une Union-Européenne dorénavant germanique, tendant à la maniaquerie idéologique.

    Allemagne qui, dès maintenant, se confronte aux mêmes réflexes autodestructeurs que d'antan, ceux-ci s'étendant sur quatre siècle et, ce, depuis le début de la guerre de trente ans en 1618.

     

    Ces deux illustrations nous montrent qu'il nous faut faire tout notre possible de percevoir, sinon l'ensemble de ce qui compose un système complexe, du-moins ceux d'entre-eux qui en sont les plus représentatifs, afin d'en conceptualiser au mieux la logique intérieur.

    Parce que c'est cette logique là qui peut permettre d'en comprendre la dynamique interne et, de ce fait, d'en percevoir, autant que faire se peut, l'évolution future.

     

     

    P1020120.JPGTHEURIC

     

    P.S.: Vous trouverez ci-joint un billet, datant un peu, le 30 Mai 2017, où j'y avais exploré les effets, à mon sens les plus durs, de la catastrophe économique qui vient.